LES RÉALISATIONS

Rouille ma poule !

C'est l'histoire d'un mec qui avait envie de sauver tous les vélos. Tous ? Non, seulement ceux qui, à ses yeux, avaient une certaine valeur. De par leur look, leur histoire ou pour des raisons que la raison ignore.

Et tout cela à la seule condition qu'ils aient été délaissés au point que leurs propriétaires les bradent pour quelques euros (c'est pas de la pingrerie, c'est du militantisme).

Les plaisirs simples

Il y a quelque chose de jouissif à retaper un vieux vélo. Quand la poussière dépoussiérée et la crasse décrassée révèlent la couleur d'origine avec ses jolies particules métallisées luisantes comme au premier jour, c'est comme le Noël de ton enfance quand tu ouvrais un paquet pour découvrir un jouet que tu n'espérais pas.
À ce moment-là on ne se préoccupe plus de la valeur de la machine (nulle, en termes économiques, dans mon cas). Ne compte plus que la valeur qu'on lui donne après quelques heures de démontage, de nettoyage, de dégraissage, de dégrippage, de polissage et de lustrage... Celle du travail accompli.

Souvent je pense aux ouvriers qui ont assemblé ces vieux clous qui me passent aujourd'hui entre les mains. Se doutaient-ils qu'un type allait, quelque 20, 30 ou 40 ans plus tard, retrouver leurs gestes et démonter patiemment ce qu'ils ont dû mettre cinq minutes à assembler ?
Oui, c'est à ces choses insignifiantes que je pense dans la solitude de mon p'tit atelier. Ça m'éloigne pour un temps du tapage des actualités, du réchauffement climatique et du coronavirus. Et ça suffit à mon bonheur.

Ceci n'est pas une boutique

Ni un atelier de réparation. Les vélos qui s'affichent ici ne sont pas à vendre. Soit parce qu'ils l'ont déjà été, soit parce que je me les garde. 

Un jour peut-être j'irai apprendre la mécanique et j'en ressortirai avec un diplôme. Mais même ce jour-là, il n'est pas certain que j'ai l'envie d'ouvrir un bouclard. D'autres le font mieux que moi, par passion ou par nécessité. Pour le moment, je préfère continuer à acquérir des vélos pour trois fois rien, les bricoler pour le plaisir et rouler avec dès que l'occasion m'en est donnée. Et puis j'aime bien mon travail (celui qui m'occupe dans la vraie vie) et n'ai pas le goût d'en changer.
Ceci dit, si vous avez un vélo qui ne sert plus, envoyez-moi une photo, on ne sait jamais, je pourrais avoir un coup de foudre ... En attendant, profitez des beaux jours pour le faire rouler et prenez bien du plaisir !

Olivier