Raleigh Mirage

Pour une raison que la raison ignore, j'ai toujours eu une tendresse particulière pour les vélos Raleigh. Le côté British sans doute, avec ses paradoxes : bien élevé et mal fagoté en même temps, punk et sage à la fois (regardez-moi cette robe violette, un vrai VTT d'évêque !).

Aussi, lorsque j'ai déniché ce Mirage de 1989 qui moisissait dans une cave d'Avignon, j'ai fait fi des quolibets de mes amis vttistes, peu sensibles aux charmes des mountain-bikes de la préhistoire et toujours prompts à se moquer de mes goûts et mes couleurs, pour entreprendre patiemment sa résurrection.
Premier écueil : la tige de selle. Soudée au cadre par l'action du temps, les bains de dégrippant et le décapeur thermique allaient s'avérer inopérants. C'est à mon boulanger, par ailleurs excellent mécanicien, que je dois d'avoir pu l'extraire de sa gangue d'acier.
Enfin, et je le dis non sans fierté, c'est le premier vélo restauré sans le secours de mon vélociste préféré. Grâce à un séjour chez Écoloc (Barret-sur-Méouge, Hautes-Alpes), j'ai pu attaquer sa réfection sous le regard et les conseils de Lionel qui s'est avéré être un formateur attentif et bienveillant.
Au final, voilà un joli vélo des villes et des champs, équipé d'un pédalier ovale Biopace, de 21 vitesses pour faire face à toutes les situations, d'une tige de selle BLB (gavée de graisse au cuivre pour ne pas retomber dans le piège de la soudure) et d'une selle de la même marque (made in London, if you please). Le tout agrémenté de quelques pièces de cuir pour joindre l'utile à l'agréable.

Il est pas beau, mon évêque anglican avec ses rangers aux pieds ?