Vitus 757

757. L'appellation est trompeuse car on est ici plus proche de l'avion de chasse que du long courrier. Si la marque stéphanoise est surtout connue pour le cadre 979 qui a fait sa renommée et qu'on a vu engagé sur les plus grandes courses, aux mains des meilleurs (Sean Kelly en tête) comme dans les pelotons d'amateurs, on aurait tort d'oublier que sur la base du même procédé de tubes aluminium à emmanchement collé, d'autres séries ont été élaborées par la suite.

Comme ce rare 757, donc, sorti au mitan des années 90, et qui profite de tout le savoir faire acquis par Vitus (et CLB) avec le modèle précité. Une forme d'aboutissement, donc, d'avant l'ère du carbone. Équipé en Shimano RX 100 des pieds à la tête, ou plutôt des freins à la transmission, ce modèle n'a pas pris une ride et fait encore tourner les têtes dans sa livrée anodisée violet.

Sa rénovation n'aura pas nécessité grand chose d'autre qu'une bonne dose d'huile de coude pour lui rendre son lustre d'antan, après un démontage et nettoyage en règle. Je lui ai toutefois préféré une potence dura-ace en lieu et place de l'ancienne, une selle Italia d'époque pour remplacer le tape-cul qui y axait été installé et choisi une paire de Continental Ultra Sport pour habiller ses jantes Mavic. Après mûre réflexion, j'ai également décidé de lui conserver son triple plateau malgré la présence d'un dérailleur à chape courte. Sous réserve de ne pas croiser la chaîne (mais qui ferait une chose pareille ?), les vitesses passent à merveille.

Enfin, j'ai confié à La Pédalerie (Apt, Vaucluse), le soin de changer les câbles et la chaîne et de procéder aux réglages de l'ensemble. En résulte un vélo efficace en diable (et diablement léger !), qui n'attend que son ou sa nouvelle pilote (le cadre en 50 est malheureusement trop juste pour moi), pour reprendre son plan de vol. Avis aux top-gun du bitume !